10 propositions pour un pacte quinquennal en faveur des familles

Véritable moteur de la cohésion sociale, les familles constituent le premier lieu de l’éducation des jeunes, de l’apprentissage du civisme et de la solidarité.  Les parents souhaitent et agissent pour que leurs enfants deviennent autonomes : c’est la concrétisation d’une éducation réussie.
Les enquêtes d’opinion montrent une forte adhésion à la famille, notamment des jeunes. 94 % des 16 à 26 ans déclarent pouvoir compter sur leur famille. Les dérives les plus graves passent, la plupart du temps, par une rupture des liens familiaux.


Les familles sont aussi un levier irremplaçable de la transition vers une économie plus sobre, plus efficiente et plus solidaire afin de transmettre aux générations futures un monde viable et équitable.
La famille est, plus que jamais, un point d’ancrage réconfortant dans une société plus instable et confrontée à de nombreux défis économiques, sociaux, environnementaux. Autant de raisons pour que les familles soient pleinement reconnues et soutenues par les pouvoirs publics.
Des attentes communes à l’ensemble des familles Difficile de dessiner « la famille d’aujourd’hui » tant la diversité est devenue sa caractéristique. De nouvelles formes ont été reconnues : familles monoparentales, familles recomposées, familles homoparentales.
Au fil de son histoire, l’UNAF les a intégrées dans son organisation. Néanmoins, certaines constantes demeurent : aujourd’hui 75 % des 13,7 millions d’enfants mineurs vivent en permanence avec leurs deux parents. 18 % vivent avec un seul parent ; 7 % avec un parent et un beau parent.
Le désir d’enfants reste intact, mais se heurte aux réalités. Le nombre idéal d’enfants souhaité par les couples est de 2,39 enfants, mais au final, le chiffre est inférieur. 53 % des parents déclarent qu’ils auraient voulu davantage d’enfants.
Les contraintes du marché de l’emploi et du logement, la difficulté et l’inquiétude pour se projeter vers l’avenir, expliquent principalement cet écart.
Pour toute famille, avoir des enfants réduit son pouvoir d’achat. Le niveau de vie médian d’un couple avec enfants par rapport à celui d’un couple sans enfant est amputé de 4 270 euros par an, et cette différence ne cesse de s’accentuer. Malgré les aides existantes, les ménages s’appauvrissent quand ils ont des enfants, et ce, d’autant qu’ils en ont plus. D’où la nécessité d’une politique familiale universelle qui s’adresse à toutes les familles.
Éduquer les enfants, envisager leur avenir, sont sources d’inquiétude pour les parents. Concurrence avec le numérique, scolarité, santé, sécurité, insertion professionnelle : ils ont besoin d’être confortés
dans leur rôle éducatif. Parallèlement, ils font face au vieillissement de leurs aînés.
C’est l’intérêt des acteurs publics comme privés de reconnaître et de soutenir encore davantage cette solidarité familiale.

Une politique familiale qui doit donner confiance
Face à ces attentes, l’UNAF défend pied à pied la nécessité d’une politique familiale dynamique. Elle le fait en toute indépendance, en s’appuyant sur la réalité de vie des familles, et en s’inscrivant dans la durée.
Cette liberté conditionne la force de ses avis. Elle est un partenaire des pouvoirs publics, responsable mais exigeant. Responsable car elle cherche des solutions, dans le maintien du dialogue permanent avec eux. Exigeant car elle a des convictions fortes sur la pérennité de la politique familiale et sur la défense des intérêts des familles.
Au crédit des politiques de ces dernières années, soulignons les objectifs volontaristes de création de places d’accueil de la petite enfance, même si les réponses restent encore insuffisantes, et que l’effort doit être
poursuivi.
Des allocations ont été revalorisées : allocation de rentrée scolaire, allocation de soutien familial, complément familial. Des actions ont été menées pour mieux accompagner les parents en matière de soutien à la parentalité, et mieux couvrir le territoire.
Meilleure information et accompagnement des parents séparés, garantie des impayés de pension alimentaire, réseaux d’entraide des familles monoparentales, protection de l’enfance, prévention de la radicalisation, ou encore lutte contre le surendettement : autant d’actions voulues par les pouvoirs publics auxquelles les unions et associations familiales ont apporté leur concours.
Mais la réussite d’une politique familiale tient aussi à la confiance qu’elle parvient à créer sur le long terme auprès des familles. Or, celle-ci a été entamée. Outre les effets de la crise, la branche famille s’est vu transférer des charges provenant d’autres branches, creusant ainsi son déficit.
Depuis 2008, la politique familiale n’a ensuite cessé de se dégrader au gré des plans d’économies qui se sont intensifiés :
réforme de la majoration unique d’allocations familiales, détricotage de la PAJE, mise sous condition de ressources des allocations familiales, raccourcissement du congé parental, décalage du versement de la prime de naissance.
Sur le plan fiscal également : suppression de la demi-part fiscale des veuves et veufs ayant élevé des enfants, baisses répétées du plafond du quotient familial, fiscalisation des majorations de pensions.
L’ensemble des familles a été touché par ces plans successifs que les revalorisations de prestations pour les plus modestes n’ont pas compensés. Chiffrés à plus de 4 Milliards d’euros, ils ont générés des effets de seuil importants, aux dépens de familles et de la lisibilité de cette politique.
Aucun spécialiste n’exclut la possibilité qu’ils aient concouru à la récente baisse des naissances. La chute de l’indice de fécondité à 1,93 constitue un point d’alerte pour l’équilibre de notre système de retraites par répartition.

> Télécharger le Document complet...